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Le métier de chercheur

Participation à la mobilisation avec Paris 3

J’étais hier à l’université Paris 3, avec Joëlle Le Marec, Guillaume Soulez et Elie Haddad à l’invitation de Myriam Suchet : nous sommes intervenus devant un amphi bien garni (une bonne centaine d’étudiant.e.s, collègues et BIATSS) pour évoquer la lutte contre les réformes structurelles en cours (retraites et LPPR), pour donner des éléments d’information précis (Elie Haddad), pour présenter quelques exemples d’une mémoire des luttes universitaires des années 70-80 (c’est moi qui me suis chargé de cela), et quelques pistes d’avenir (Joëlle Le Marec et Guillaume Soulez). Fait incroyable pour nous, c’est le président de l’université  (Jamil Jean-Marc Dakhlia) qui avait facilité l’organisation de cette demi-journée de débat, et il est même venu dans l’amphi pour nous accueillir accompagné d’une collègue membre du Conseil académique. Voilà qui ne serait jamais arrivé à l’université de Paris (où je n’ai jamais rencontré la présidence dans un amphi en lutte…) ni à Paris 4.

L’université Paris 3 ressemble bien à ce que devrait être toute université durant cette période de lutte pour la survie de l’enseignement supérieur et de la recherche, puisque des étudiant.e.s et des collègues se mobilisent, tractent, débattent, font des affiches et des banderoles, le tout dans l’université et sans que cette dernière ne verrouille tout derrière des grilles et des agents de sécurité comme c’est devenu l’habitude à l’université de Paris. Faut dire qu’avec son logo minable de club de foot de 5ème division, “création” qui a du coûter une blinde (les communicants qui ont pondu cette merde doivent se frotter les mains en hurlant de rire), l’université de Paris n’est plus abritée de la brutalité et de la laideur du monde par ses anciennes figures tutélaires qui la désignaient auparavant : disparu Diderot, adieu Descartes, voici l’ère de la com’ corporate et de ses discours creux et faux. Je me réjouis, donc, qu’à Paris 3, qui a échappé à notre fusion calamiteuse et inutile, il reste autant d’énergie !

Myriam Suchet, dont on connait le talent graphique, a tiré de cette demi-journée un joli flyer réalisé à partir des thèmes de nos interventions et des images que l’on avait projeté. Le voici, en guise de souvenir, bien agréable et intéressant, d’une forme de mobilisation à l’articulation du politique et du poétique. Merci Myriam !

 

 

 

 

 

Voici le texte de Myriam, lui aussi rédigé en forme de synthèse poético-politique, et qui apparaît à l’envers dans le flyer, histoire que vous le lisiez en évitant un torticoli :

Pour régénérer nos imaginaires, renouer le fil de nos futurs confisqués, nous nous proposons de traduire, de remplacer l’idiome managerial par une langue résolument vivante et porteuse d’avenir, de substituer à l’image de la loupe celle d’une butte en permaculture, de faire proliférer ces graines sur de multiples supports : dans la rue, à la radio, dans des cours infusés d’une lutte qui redonne sa dimension scientifique à nos pédagogies.

Contre la dénaturation du travail scientifique, et parce que la recherche n’émane pas plus de de génies isolés que de chercheur•e•s gavé•e•s d’intrants chimiques, nous rédigeons des textes, modifions les programmes – quitte à les mettre en grève générale ! Le front des réalités les plus concrètes se conjugue à celui des grandes idées sur une ligne d’horizon où l’on voit luire les lucioles.

Et voici le plan de montage du document :

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