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En une

Publication d’un chapitre : “Le patrimoine naturel, la démocratie participative et l’UNESCO : une fabrique des désillusions ?”

Dans le cadre du programme européen Géopark, un ouvrage collectif vient d’être publié dans lequel j’ai rédigé un chapitre qui s’intitule “Le patrimoine naturel, la démocratie participative et l’UNESCO : une fabrique des désillusions ?

Résumé du chapitre :

En sciences sociales, ou dans les discours des acteurs (textes des grandes conventions internationales, lois et décrets, guides méthodologiques, etc.), on rencontre une grande diversité terminologique pour qualifier « l’ouverture » démocratique des débats et des modalités de prise de décision à des populations non expertes ou à des organismes non gouvernementaux. Cette ouverture est préconisée quand des populations sont concernées dans leur vie quotidienne par un problème, généralement scientifique, technique, environnemental ou d’aménagement du territoire. Dans la plupart de ses préconisations, et en particulier dans ses textes définissant les géoparcs, l’Unesco affiche l’intention de prendre en compte les « communautés locales » et les parties prenantes dans une perspective de participation, le tout dans un mouvement supposé être induit par ces communautés (bottom up). Cependant, lorsque l’on mène des recherches de terrain sur des expériences participatives dans le contexte de parcs inscrits au patrimoine mondial (l’auteur de ces lignes en a mené en Argentine et à La Réunion), on constate de sérieuses différences entre les déclarations d’intention et ce que les enquêtes de terrain permettent d’observer. Quant à l’enquête menée sur l’installation du géoparc de Lanzarote dans les îles Canaries (Espagne), elle n’a fait apparaître aucune dynamique de participation avant et lors de sa création. Le thème de la « participation » se situe donc, assez classiquement, en tension entre les déclarations d’intention et les pratiques observables. Ce constat d’un décalage entre discours et pratiques n’est pas un argument pour dénoncer une quelconque duplicité des acteurs institutionnels. Il s’agit plutôt ici de pointer les paradoxes correspondant aux catégories et aux médiations qui structurent la démocratie environnementale.

Description de l’ouvrage “Les géoparcs mondiaux UNESCO” :

Depuis vingt ans, on assiste à la reconnaissance progressive des géoparcs mondiaux par l’UNESCO. Ce sont des espaces territoriaux qui présentent un héritage géologique d’importance internationale.

Cette classification présente de véritables défis. Des stratégies de développement conformes aux recommandations successives prônées par diverses ONG doivent être mises en place. Il faut aussi impliquer les acteurs locaux tant dans la préparation du dossier de candidature que dans la mise en oeuvre d’un plan de gestion adapté suivant un développement global durable. La gestion des tensions et asymétries qui existent entre les différents groupes d’acteurs (politiques, gestionnaires, scientifiques, représentants des populations locales) constitue également un enjeu majeur.

C’est dans ce contexte et à travers des études de cas variées que cet ouvrage interroge les finalités des géoparcs mondiaux UNESCO, en termes d’inventaire et de conservation du patrimoine, de participation des populations locales, de développement local d’un territoire et de sa mise en valeur par l’interprétation du patrimoine.

Le coordonnateur :

Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et corédacteur en chef de la revue International Journal of Geoheritage and Parks, Yves Girault a dirigé, de 2015 à 2018, le programme de recherche européen H2020 RISE sur les géoparcs. Ses travaux les plus récents portent sur la géopolitique des musées.

Commander l’ouvrage, lire sa table des matières, lire l’introduction : https://www.istegroup.com/fr/produit/les-geoparcs-mondiaux-unesco/

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