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Réflexions

Le métier de chercheur. La carrière et les salaires

lechat_richeDe nombreuses idées fausses circulent à propos des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur. Aux stéréotypes de la “tour d’ivoire”, du “jargon”, et aux critiques souvent radicales de l’institution universitaire, se mêle parfois un inquiétant anti-intellectualisme. Par ailleurs, la pratique des chercheurs et des universitaires est trop souvent pensée à travers le cadre déformant des grandes idées philosophiques, de l’imaginaire d’une pensée critique déconnectée de tout ancrage dans des réalités tangibles, et des auteurs majestueux qu’on vénère ou qu’on critique d’autant plus qu’ils sont morts ou inaccessibles.

Or, l’université c’est aussi des professions, des lieux concrets, des sociabilités, et des pratiques observables et vivantes. Ce sont un peu moins de 130 000 enseignants et personnels administratifs et techniques (dont 59900 enseignants-chercheurs en 2015) qui travaillent dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ce sont aussi plus de deux millions d’étudiants inscrits à l’université en France.

C’est de ce métier d’enseignant-chercheur, qui est le mien, dont je parlerai (presque) régulièrement sur ce blog, avec des billets ayant pour titre “Le métier de chercheur”, suivi d’un sous-titre thématique. J’en parlerai de manière concise et concrète : pas de théorie, donc, mais des observations destinées à documenter la pratique.

***

Je vais commencer par le truc le moins « sexy » possible : le déroulement d’une carrière et les salaires. J’en vois déjà qui baillent au fond : si, si, accrochez-vous, ça va vous donner des éléments factuels sur ce que signifie « le métier de chercheur ». Après, s’il le faut, on pourra débattre de trucs plus consistants. Je n’évoquerai ici que les carrières universitaires en lettres, langues, et sciences humaines et sociales. Au CNRS ou dans d’autres institutions de recherche, les choses se déroulent de manière un peu différente, mais la logique d’ensemble est comparable, sauf pour l’enseignement qui reste la mission principale de l’université. Des différences existent entre le secteur des lettres, langues et SHS, et celui des sciences de la nature : je ne les évoquerai pas ici, mais comme je me situe en SHS, mes observations seront évidemment liées à ce domaine scientifique, même si le déroulement des carrières est strictement identique entre un physicien des hautes énergies et un spécialiste d’épigraphie byzantine. Je ne parlerai pas ici des carrières des personnels administratifs ou techniques, ne les connaissant pas, mais sans eux rien ne fonctionnerait à l’université.

Voici donc les étapes du déroulement des carrières des enseignants du supérieur. Je m’appuierai sur ce site pour les grilles de salaires, calculées pour l’année 2014. J’en profiterai pour rappeler quelques-unes des modalités de l’évaluation de nos métiers, car visiblement les idées fausses sur ce sujet sont nombreuses.

La qualification et le recrutement

Il existe deux “grades” d’enseignant-chercheur à l’université : on débute comme maître de conférence, et on peut devenir ensuite professeur des universités.

Lors de son recrutement, un maître de conférences a suivi entre 8 et 10 ans d’études après le Bac. Avant d’être recruté, il a dû soutenir une thèse de doctorat, puis obtenir sa « Qualification » qui est une expertise de son dossier scientifique et professionnel par deux experts indépendants (des universitaires n’ayant pas été dans son jury de thèse et nommés par le CNU, le Conseil National des Universités) qui examinent ses publications, et les enseignements effectués durant la thèse, afin de décider si, outre la thèse, l’ensemble du dossier est valable ou non. Cette qualification est accordée pour 4 années seulement, et lui donne le droit, durant ces 4 ans, de postuler sur les postes de maîtres de conférences. Au bout de 4 ans, si aucun poste n’a été obtenu, il doit redemander une qualification pour 4 nouvelles années.

Une fois « qualifié », le docteur doit candidater sur des postes de maîtres de conférences qui sont mis au concours chaque année, et publiés au Bulletin Officiel. Ça signifie que pour chaque poste mis au concours qui l’intéresse (et qui est défini par des thèmes d’enseignement et de recherche), le candidat doit envoyer un dossier comportant sa thèse et ses publications, ainsi qu’un compte rendu de ses enseignements. Ce dossier est examiné par un collège d’experts (un « comité de sélection » composé à parts égales de membres de l’université où le poste a été publié, et de membres extérieurs à cette université) réuni en fonction des disciplines de recrutement, et des disciplines présentes dans le laboratoire ou le département où le candidat a envoyé son dossier. Les dossiers reçus (il y a de nombreux candidats sur un même poste, car il s’agit d’un concours de recrutement) sont évalués, débattus collégialement, et classés par ordre de préférence. Ensuite, les mieux classés sont auditionnés par le comité de sélection, sous la forme d’un oral : en général, on a 10 à 15 minutes pour présenter nos travaux et notre expérience professionnelle, et les questions durent entre 20 et 30 minutes. Là encore, les candidats sont classés, et c’est finalement le mieux classé qui est recruté. Le recrutement étant national, et sauf si on a la chance d’être recruté dans sa ville de résidence, il faut alors déménager et s’installer à proximité de l’université qui vous a recruté.

Volumes horaires du travail et salaires d’un Maître de conférences

D’après la loi de 1984, un enseignant chercheur doit remplir trois fonctions principales :

  • Enseignement : il doit à l’État 192h « Équivalent TD » en présentiel et par an devant des étudiants. Ca a l’air peu important, mais il faut facilement multiplier par 3 ou 4 le temps de préparation pour une heure de cours, et ajouter autant de temps pour les corrections de copies. Sans compter le suivi des étudiants pour leurs mémoires et thèses qui, lui, n’est pas comptabilisé.
  • Recherche : il doit faire de la recherche et publier. Il doit vulgariser son travail de recherche.
  • Administration : il doit participer aux activités administratives de son département ou de son laboratoire, et parfois de son université.

Je précise que depuis l’adoption de la loi dite “LRU” (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités) prise par le gouvernement Sarkozy, seules les tâches d’enseignement et de recherche sont supposées être comptabilisée, et un “référentiel national des tâche” est supposé convertir les activités administratives en heures de service. Le débat a été compliqué, et je ne m’y aventurerai pas ici. A mon sens, depuis la LRU, je n’ai jamais vu ce référentiel mis en place dans ma pratique quotidienne, et les tâches administratives ont considérablement augmenté (et se sont complexifiées dramatiquement), au détriment du temps consacré à la préparation des cours et à la recherche : ceci est un constat que la quasi totalité des collègues fait.

Le salaire d’un maître de conférences venant d’être recruté est alors de 2 102,15 € brut. Il peut augmenter régulièrement, sur la base de l’ancienneté, pour culminer à 3 801,47 € brut après 20 ans d’ancienneté environ. Il y a également des systèmes d’échelons et de classes qui compliquent un peu les choses, mais qui modulent à la hausse ces salaires dont le plus élevé ne peut pas dépasser 4 458,97 € brut en toute fin de carrière.

Devenir Professeur des universités

Pour qu’un maître de conférence puisse devenir « professeur des universités », il faut qu’il soutienne une Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) qui est une sorte de deuxième thèse, généralement soutenue après 5 à 10 ans (parfois plus) de carrière comme maître de conférences. L’HDR est une très bonne chose que les collègues européens nous envient souvent, quand leurs universités ne délivrent pas ce diplôme (il n’existe pas d’HDR en Italie, par exemple). Son intérêt, c’est de nous soumettre à une épreuve aussi importante que la thèse de doctorat, après avoir passé quelques années à mener des recherches de manière professionnelle. Une HDR est en fait une direction générale (thématique, méthodologique, ou épistémologique, voire les trois) qu’on soumet au débat, et dont on souhaite faire l’axe principal de sa carrière comme professeur. En particulier, une HDR définit souvent le thème des directions de thèse qu’on envisage. En sciences humaines et sociales, l’usage est généralement de soutenir son HDR seulement après avoir écrit un ou plusieurs livres, et une certaine quantité d’articles, ce qui témoigne, quand tout se passe bien, d’une maturité scientifique et de l’approfondissement d’une question.

Une fois ce travail effectué, la procédure de candidature est la même que pour les postes de maître de conférences : qualification pour 4 ans, dossiers à envoyer sur des postes publiés au B.O., examen par un comité de sélection, oral, etc.

Un professeur des universités peut, tout comme un maître de conférences habilité à diriger des recherche, encadrer des thèses (un « simple » maître de conférences n’en n’a pas le droit). La différence entre le statut de professeur et celui de maître de conférences n’est pas uniquement honorifique : un professeur est appelé, en principe, à prendre des responsabilités de direction d’équipes et à impulser des thèmes de recherche correspondant à son domaine de spécialité. Autrement-dit : plus de travail pour le collectif, et paradoxalement moins de temps pour mener ses recherches personnelles…

Le salaire d’un professeur des universités venant d’être recruté est de 3 046,73 € brut. Il peut augmenter régulièrement, sur la base de l’ancienneté, pour culminer à 4 458,97 € brut au bout de 8 à 10 ans de carrière. Il y a également des systèmes d’échelons et de classes qui compliquent un peu les choses, mais qui modulent à la hausse ces salaires dont le plus élevé ne peut pas dépasser 6 111,99 € brut en toute fin de carrière.

L’ensemble de ces salaires, à chaque stade de la carrière, peut être sensiblement amélioré par les heures supplémentaires qu’on peut effectuer en enseignement. Dans certains cas, il peut y avoir jusqu’à doublement du salaire. Mais cela se fait alors au détriment de la recherche, car plus on fait des heures supplémentaires d’enseignement, moins on a de temps à accorder à l’autre dimension qui caractérise (en principe) notre métier, à savoir produire de la connaissance.

Je refuse, à titre personnel, de faire des heures supplémentaires (en dehors du volant de quelques heures par ci par là que certains ajustements horaires des enseignements nous imposent), car plus on fait d’heures supplémentaires, moins on recrute de jeunes collègues. Mais chacun fait ses choix en fonction de ses priorités et de ses valeurs.

Je précise ici que comme beaucoup d’universitaires j’effectue des heures d’enseignement qui sont comptabilisées dans mes heures de service statutaire, mais qu’en plus j’anime des séminaires (qui sont de la formation à la recherche) qui, eux, ne sont pas comptabilisés dans mes heures d’enseignement. Donc, pas rémunérés. Idem quand j’interviens dans un colloque, ou quand je suis invité à donner une conférence dans un séminaire. Au mieux, on me remboursera mes frais de mission, parfois plusieurs mois après… Tout le monde n’est pas Umberto Eco, qui demande plusieurs milliers d’euros par conférence…

L’administration d’équipes (laboratoire et/ou département) est également très chronophage et n’est pas comptabilisée dans nos heures de service, pas plus que nous ne bénéficions de primes ni d’aides logistiques (souvent pas de secrétariat dédié, en particulier pour les laboratoires ou les départements). Or, durant les périodes d’évaluation des laboratoires et des formations, qui interviennent tous les 4 ans, vous êtes mobilisé 6 jours sur 7 et presque 12 heures sur 24 pour animer des réunions, rédiger des compte-rendus, écrire des argumentaires, remplir des cases avec des chiffres, etc. : un travail passionnant, si si ! Qu’est-ce qu’on s’éclate à remplir des cases sur un tableur ! Et tout ça a pris une ampleur phénoménale grâce à la complexification rationalisation imposée sans consulter les personnels permise par les réformes qui se succèdent à un rythme infernal, que le gouvernement met en œuvre dans l’intérêt général et vous obligent à changer régulièrement toutes vos habitudes de travail, et finalement à passer plus de temps à justifier de votre travail devant des bureaucrates qu’à préparer vos cours ou faire de la recherche…

Enfin, la plupart du temps les livres que nous publions ne nous rapportent rien, financièrement. Bien au contraire : publier est coûteux en temps, et parfois en argent. Même chose pour les articles scientifiques : le fonctionnement des revues est bien souvent bénévole, et aucun auteur n’est payé pour son travail. Publier est simplement la seule manière de mettre en débat les connaissances que nous produisons, et c’est pour cela que nous le faisons. Je mets à part le cas de quelques « stars » des sciences humaines et sociales qui publient des livres dans des maisons d’éditions grand public (Ah ! Umberto ! Si tu me lis, ouvre-moi les portes du Seuil et de Flammarion !), et qui ont alors des contrats qui leur permettent d’avoir une rémunération (en droits d’auteurs). De toute manière, si ma mémoire est bonne, il existe un plafond de rémunération en droits d’auteurs.

En conclusion : si les enseignants-chercheurs sont relativement bien payés, ce n’est pas du luxe compte tenu de l’investissement en temps et en énergie que demandent la recherche, l’enseignement et le travail administratif. Surtout dans le contexte d’hyper bureaucratisation de l’université qui est le nôtre depuis les réformes imposées par les gouvernements qui se sont succédé depuis le début des années 2000. Comparativement à d’autres métiers, nous n’avons pas à nous plaindre, mais si l’on compare avec les carrières du privé au même niveau de responsabilité et d’investissement dans le travail, et au même niveau de diplôme, je ne suis pas certain que le fonctionnariat, si souvent critiqué en ces temps de poujadisme renaissant, soit une telle sinécure…

Voilà, je vous avais prévenu, c’était pas le billet le plus sexy du siècle. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois, mais sans avoir en tête ces étapes, on ne peut rien comprendre au métier d’un enseignant chercheur.

Discussion

14 Réponses à “Le métier de chercheur. La carrière et les salaires”

  1. “L’ensemble de ces salaires, à chaque stade de la carrière, peut être sensiblement amélioré par les heures supplémentaires qu’on peut effectuer en enseignement. Dans certains cas, il peut y avoir jusqu’à doublement du salaire.”
    Il me semble fort difficile – selon les règles générales, et notamment en SHS – de parvenir à un doublement de salaire juste par les Heures Complémentaires, rémunérées environ 40€ brut, quel que soit le statut ou l’ancienneté. En doublant son temps d’enseignement (192×40), on n’arrive pas à 8000€ sur l’année. Somme certes agréable, mais qui ne me semble pas rendre compte de ce que représentent 192h de cours à l’université. Si l’on raisonne de façon binaire, un Enseignant-chercheur doit la moitié de son salaire à son enseignement, l’autre à sa recherche (d’ailleurs, certains…) puisque les Prags font 384h sans obligation de recherche. Donc, s’il double son volume horaire de cours il doit connaître une augmentation de 50%… QED.
    Souvent, quand on me demande combien touche un MCF (et que je sens un parti pris dans la formulation), je réponds qu’un MCF qui serait recruté sur un premier poste à la Sorbonne (ça fait plus chic) touche 2100€, quand un ingénieur (bac+5) touche en moyenne 2200 €.
    Non, cher Igor, même si nous ne sommes pas des miséreux, nous ne sommes pas, même “relativement”, surtout “relativement”, bien payés. Tu rappelles ailleurs les tâches administratives chronophages que nous devons prendre, au-delà des séminaires et colloques (sans parler de la diminution drastique des financements qui entraîne des frais personnels pour exercer son propre métier)… moins de 500 euros pour diriger un Master, comme si on n’y passait que 12h (ça, c’est l’avant-veille de la rentrée)… responsabilités de direction d’équipe (non rémunérées), de direction de revue (idem), etc. etc. : dans quel métier l’ajout de tant de responsabilités (notamment “mangaeriales”, pour causer à la mode) n’est l’objet d’aucune rémunération supplémentaire ? Ceux qui les acceptent le font généralement par passion ou vocation mais aussi parce qu’ils savent combien la pression administrative est forte : menaces de fermer tel parcours s’il ne donne pas suffisamment de résultats (pas concrètement, résultats = rapports d’auto-évaluation, sorte de plaidoyer quantitatif).
    Dernier point – parce qu’il a été commenté sur un autre blog, mais lié à l’article – celui du recrutement. Trop souvent, surgit le mot “cooptation” (déf : “recrutement par privilège, recrutement d’un nouveau membre dans une assemblée par les membres qui en font déjà partie”) qui réduit la procédure à un rite de société secrète (ou à l’Académie française). Quelle société, quand elle procède à un recrutement, fait appel à une commission composée à moitié de membres extérieurs à ladite société pour éviter de recruter le filleul du patron ? D’ailleurs le fait qu’il y ait des membres extérieurs rend caduc l’emploi du mot “cooptation” (ce qui n’empêche pas les dérives, mais elles relèvent d’autre chose et il convient de chasser ce vieux fantôme).

    Posté par Guilhem Armand | 7 octobre 2015, 8 h 57 min
  2. Hello Guilhem !

    Ton calcul des heures complémentaires se base sur le taux exprimé en TD (40,91 euros/h). Mais si on imagine un enseignant, qui, pour un temps limité et sur dérogation de son président, effectuerait plus du double de ses heures de service en CM (61,35 euros/h), est-ce qu’on n’arriverait pas à doubler son salaire ? Ces cas existent. Genre : 500 h TD au lieu de 192h TD. Ca a l’air énorme, mais je t’assure que ça existe.

    Ensuite, je suis bien d’accord avec toi concernant le salaire : mon “relativement” porte peut-être à confusion. Relativement à d’autres métiers, les enseignants-chercheurs, surtout ceux qui exercent dans des grandes villes de métropole où les loyers sont élevés et qui ne disposent pas de la sur-rémunération qui est la notre dans les anciennes colonies, sont en fait plutôt mal payés. Les fins de mois sont difficiles la plupart du temps.

    A+

    Posté par Igor Babou | 7 octobre 2015, 9 h 23 min
  3. Et les primes ??? Il faut en tenir compte non ??

    Posté par gilles | 5 mai 2016, 21 h 41 min
    • Il existe en effet des primes. Une seule d’entre elles est attribuée à tous les enseignants chercheurs titulaires, aux personnels détachés dans le supérieur, ainsi qu’aux ATER (c’est un statut pour certains doctorants). Il s’agit de la Prime de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) qui s’élève à 1244,98 euros dans l’année, versée en deux fois (paiement en décembre pour la tranche septembre-février et en juillet pour la tranche mars-août).
      Toutes les autres primes exigent de remplir certaines conditions, et d’effectuer une demande qui doit être évaluée par l’établissement :

      – La PEDR (prime d’encadrement doctoral et de recherche). Une grande partie des collègues encadrent cependant des doctorants sans toucher, ni parfois demander à toucher, cette prime. Quand elle a été mise en place, j’étais en désaccord : nous n’avons pas à être récompensés, individuellement et à la demande, pour un travail qui est la base de notre métier. Mieux vaudrait revaloriser les salaires pour tous les enseignants-chercheurs. D’après ce que je sais, le montant de cette prime est fixé par l’établissement et peut s’élèver, en fonction de l’évaluation du candidat, à une somme variant entre 4500 et 6000 euros. Voir ce site pour info : http://communaute-universitaire.univ-rouen.fr/prime-d-encadrement-doctoral-et-de-recherche-pedr–402259.kjsp

      – La PCA (prime de charge administrative) : ne concerne que les directeurs et directrices d’UFR, qui assurent des charges d’intérêt général en plus de leur travail durant des années. Elle n’est pas cumulable avec la PEDR.

      – La PRP (prime de responsabilité pédagogique) : j’avoue ne même pas savoir de quoi il s’agit. Elle n’est pas cumulable avec la PEDR ni avec la PCA.

      Le détail de ces primes et des textes de référence est disponible dans ce document : http://fgimello.free.fr/documents/PrimesEns.pdf

      Posté par Igor Babou | 6 mai 2016, 3 h 37 min
  4. N oublions pas que les charges du public sont beaucoup plus faibles que dans le privé, et que les primes peuvent représenter une part importante également (400 pour la PEDR,une centaine pour le supplément familial qui n existe pas dans le privé).
    Un exemple, un enseignant à 3100 brut gagnera plus qu’ um ingénieur du privé à 4000 brut… Et je ne parle pas des retraites… C Est toujours un débat délicat non ?

    Posté par gilles | 6 mai 2016, 7 h 35 min
  5. Vous comparez des choses non comparables, Gilles. D’une part, la question des charges (du public ou du privé) n’entre pas en ligne de compte car elle n’a aucune répercussion sur les fiches de paies, et est sans rapport avec le niveau de diplôme et de responsabilité à salaire égal. D’autre part on ne peut pas comparer un ingénieur (généralement Bac + 5 ou 6) avec un maitre de conférences (plutôt autour de Bac + 8), ni avec un professeur (qui a passé en plus de sa thèse une HDR). Par ailleurs, l’ingénieur du privé n’enseigne pas, et n’assume pas de responsabilités administratives, ni financières, ou du moins ça n’est pas général. Alors que le fait de devoir assumer des responsabilités administratives, de gérer des budgets, de chercher des financements, de créer de l’emploi pour des jeunes, et de se faire évaluer chaque année, tout en publiant, est devenu une quasi obligation pour les universitaires (même s’il y a bien entendu, comme chez les ingénieurs ou dans n’importe quel métier de n’importe quel statut, public ou privé, de grandes variations entre les carrières). Ne mélangeons donc pas toutes les situations. Enfin, je ne comprends pas bien votre calcul mathématique à la fin de votre commentaire : un enseignant qui gagne 3100 euros bruts ne peut pas gagner plus qu’un ingénieur dont le salaire serait de 4000 euros bruts, c’est juste absurde.

    Posté par Igor Babou | 6 mai 2016, 10 h 13 min
  6. Justement, comme les charges du public sont plus faibles (16% contre 26 dans le privé).
    Je suis d accord les responsabilités ne sont pas les mêmes et la pression n ont plus… Existe il une quelconque pression économique, du marché sur lequel est positionnnee l entreprise dans laquelle travaille l ingénieur dans le.public ? Le chômage ?… Une pression qui n Existe aucunement dans le public… Et, une fois de plus, sous prêtexte d une bac +8 on doit gagner plus ??? C est la réelle problématique de la constitution des élites à la française… Néanmoins je confirme qu’ il est effectivement anormal que nos chercheurs quittent la France pour de meilleures conditions dans d embauche et de recherches.

    Posté par gilles | 6 mai 2016, 13 h 59 min
  7. En réalité, l’éducation nationale est l’employeur mobilisant le plus d’emplois précaires dans toute la France. Par ailleurs, il n’est plus vrai qu’il n’existerait aucune pression économique sur les enseignants-chercheurs. Ce serait un peu long à expliquer, mais la pression économique est devenue constante sur nos métiers, même si on ne risque pas de perdre nos emplois. Pour le reste, mon texte n’était pas destiné à entamer un débat que je sais difficile sur les relations entre l’entreprise et le secteur public. Quant à l’élite, si on entend par là des gens indument privilégiés par leurs statuts et bénéficiant de salaires exorbitants, je la vois plus du côté des hauts fonctionnaires, dans la politique, le foot ou dans les médias. Ou encore plus à la tête des entreprises du CAC 40. Mais à l’éducation nationale, je ne vois personne correspondant à ce schéma.

    Posté par Igor Babou | 6 mai 2016, 14 h 10 min
  8. pas de cooptation dans les comités de sélection ? c’est très drôle. Pourquoi donc, immanquablement, se trouve classé premier le candidat du cru ? cela fait 20 ans que je vois cela. J’en ai bénéficié (sans le chercher). Ce qui ne veut pas dire que je trouve pas désespérant de devoir me prêter au même cinéma tous les ans : étudier des dossiers d’extérieurs, dont je sais pertinemment qu’ils ne vaudront pas grand chose à coté du dossier du local.

    Posté par brigitte | 15 juin 2016, 16 h 18 min
  9. J’ai l’impression que vous n’avez pas bien lu le commentaire auquel vous répondez, car il n’a jamais été écrit sur ce blog qu’il n’y aurait jamais, nulle part, de “cooptation”. Ceci dit, je ne sais pas quelle est votre discipline, ni votre établissement, mais si depuis 20 ans vous ne voyez que de la cooptation dans les recrutements auxquels vous participez, il est peut-être temps d’arrêter d’y participer, et de refuser ainsi de cautionner des pratiques qui n’ont pas lieu d’être dans le service public. En ce qui me concerne, mon expérience (peut-être singulière, voire unique, je ne sais pas, mais ça m’étonnerait tout de même), m’a plutôt fait comprendre depuis 20 ans que le système collégial des recrutements, même s’il n’est évidemment pas parfait, ne se résume pas une “cooptation” de candidats locaux. On peut parfaitement argumenter dans un comité de sélection, et on y vote, comme vous le savez si vous y contribuez régulièrement. Je peux vous assurer que le localisme n’est pas une fatalité, et que l’on trouve même des établissements et des disciplines où être un “local” est plus un handicap qu’un atout.

    Posté par Igor Babou | 15 juin 2016, 17 h 21 min
  10. Je maintiens ce que j’ai vu, monsieur… J’ai bel et bien assisté à des comités hallucinants, où les “jeux” étaient faits depuis des lustres (quasiment dès la qualification du jeune collègue, en réalité). Alors oui, c’est vrai on y vote. C’est bien pour cela que la composition du comité est une notion essentielle (longuement réfléchie histoire qu’elle permette d’atteindre le but recherché). Et si une ou deux voix s’élèvent pour défendre une autre candidature, c’est encore mieux, puisque cela assure un semblant de démocratie. Quant à participer à ce simulacre…. et bien je n’y participe plus depuis quelques années.

    Posté par brigitte | 24 juin 2016, 14 h 49 min
  11. Dans ces conditions, en effet, le mieux est de refuser de participer à des comités bidons. Mais pour autant, une vision ponctuelle, aussi juste soit-elle, ne permet pas de porter un jugement de généralité sur l’ensemble des pratiques. Je continue à participer à des comités de sélection car, depuis le début, j’ai surtout vu des comités honnêtes avec des recrutements où comptaient avant tout (et seulement) les caractéristiques du dossier et non les envies de tel ou tel membre du comité. De toute manière, aucun système de recrutement ne pouvant être parfait, le mieux que l’on puisse faire (et dire), c’est réfléchir à des manières d’améliorer les choses, sans les condamner comme mauvaises en soi. Le jour où plus aucune collégialité ne sera possible, parce qu’on aura trop “craché dans la soupe” en critiquant le travail collectif, il ne restera plus que l’arbitraire des puissants qui sera alors institutionnalisé sans aucun contre-pouvoir. Ce sera alors bien pire que les compromissions ou dérives que chacun peut constater là où il est.

    Posté par Igor Babou | 24 juin 2016, 15 h 35 min
  12. cher m. Babou, quelques precisions necessaires…

    1) avec les heures complementaires on ne peut pas franchement “doubler” son salaire: au taux de env. 40 eur brut par heure, “doubler” un salaire de 3000 eur demanderait d’assurer 75 heures extra par mois sur 12 mois, ce qui est evidemment ridicule.

    2) la PEDR n’est pas sur demande. Il faut bien sur deposer une demande, mais l’octroi se base sur une evaluation du niveau des publications, du nombre et resultat des doctorants, projets de recherche, etc. C’est une maniere de valoriser l’activite de recherche (qui comme bien dit n’est pas comptabilisee dans la progression de carriere) et chercher de stimuler certains “collegues” a sortir de leur immobilisme scientifique.

    3) meme en comptant les niveaux de taxation, les charges sociales, retraite etc., les salaires francaises sont assez (et parfois largement) en dessous de la “concurrence” etrangere, Belgique, Angleterre, Allemagne, pour ne pas parler de la Suisse… meme en Italie, les profs d’universite ont des salaires carrement plus eleves que nous…

    Posté par fabrizio | 2 juillet 2016, 7 h 42 min
    • Merci pour ces précisions. Je ne vois pas ce qu’il y a de “ridicule” dans l’hypothèse d’assurer 75 h supplémentaires sur 12 mois : seul un inspecteur du travail ayant mené des enquêtes en milieu universitaire pourrait nous dire si c’est si impossible que cela. Avez-vous mené une telle enquête ? Mon expérience universitaire récente m’a montré que tout était possible quand il s’agit, pour certain(e)s collègues, de gonfler leurs heures supplémentaires… la tendance à se croire indispensable à son poste, ou seul compétent(e) sur un thème, alliée à un pédagogisme exacerbé et à l’arrêt de toute recherche ou publication, peut conduire à de tels excès et à de véritables rentes de situations. L’ego ou l’avidité de certain(e)s pouvant être démesuré, plusieurs centaines d’heures supplémentaires/an ne sont pas improbables, bien au contraire. Je serais assez partisan d’interdire purement et simplement tout dépassement horaire de plus d’une dizaines d’heures : s’il y a des besoins en enseignement, je trouve scandaleux qu’un établissement n’embauche pas et permette de telles accumulations d’heures supplémentaires.

      Posté par Igor Babou | 2 juillet 2016, 8 h 01 min

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