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Réflexions

Nous sommes tous Charlie

Il n’y a pas de pire caricature de l’Islam que celle que viennent de tracer les barbares qui ont assassiné 12 personnes dans les locaux de Charlie Hebdo. Une pensée pour les victimes, et pour leurs proches. Que l’humour, l’impertinence et la caricature restent des moyens d’expression privilégiés : on en a besoin.

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Les hommages se multiplient, et je trouve très bien que des universitaires s’y associent. Ainsi, la page d’accueil du CNRS est Charlie : http://cnrs.fr

Ou encore celle de la formation au journalisme scientifique de l’université Paris-Diderot : http://sciences-medias.fr/blogs/blog/a-charlie/

La page d’accueil du Muséum National d’Histoire Naturelle également : http://www.mnhn.fr/fr/visitez/actualites/museum-est-charlie

Cette page du MNHN cite par ailleurs un extrait de texte du premier numéro du Journal « Résistance », bulletin officiel du Comité National de Salut Public du 15 décembre 1940, animé par l’ethnologue Boris Vildé, chef du Réseau de Résistance du Musée de l’Homme.

En ces temps de bureaucratie et de technicisation à marche forcée des SHS au nom des dogmes de l’innovation et du marché, il est bien qu’une institution comme le MNHN rappelle son ancrage dans des valeurs humanistes, son histoire liée à la Résistance, et son attachement à l’esprit de liberté qui a lui donnée naissance lors de la Révolution française.

Des fanatiques ont assassiné violemment la liberté d’expression dans les locaux de Charlie, avec des balles : des morts, tragiques, injustes, insupportables. Mais on l’assassine quotidiennement aussi, dans une version “soft power” de l’obscurantisme et de la barbarie, avec les directives et les tableaux de bords de la pensée gestionnaire envahissante qui a saisit l’université et la recherche depuis les réformes impulsées par ces mêmes gouvernants qui se disent horrifiés par cet attentat. Même si nous ne sommes pas tués, nous mourrons à petit feux… car sans liberté de pensée, sans esprit frondeur et anti-bureaucratique, la recherche mise au pas cadencé des objectifs à court terme des politiciens et des marchands ne peut survivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le combat des satiristes de Charlie n’est pas si éloigné de celui qui devrait être le notre, au quotidien, dans les institutions de recherche et d’enseignement supérieur : ne pas nous penser comme des techniciens de la science ou de l’enseignement, mais avoir l’exigence d’impertinence à l’égard de tous les ordres constitués, y compris l’ordre scientifique. C’est à ce seul prix que les hommages à Charlie Hebdo ne seront pas de vaines gesticulations opportunistes.

Et rappelons-nous qu’il y eut un temps ou la presse de critique de sciences, dans l’immédiat après mai 68, était une pépinière de jeunes dessinateurs qu’on retrouvera plus tard au Canard par exemple (je pense à Kerleroux). Cette presse d’auto-critique de la science, que j’ai contribué avec d’autre à numériser et à rééditer (ici, ici et ), doit nous rappeler que l’impertinence n’est pas réservée à des scènes externalisées ou situées dans un ailleurs confortable par rapport à nos espaces de travail : elle a aussi sa place dans l’activité quotidienne du chercheur et de l’enseignant-chercheur, s’il veut être digne des valeurs humanistes d’émancipation, et ne pas se transformer en petit bureaucrate servile.

 

 

 

 

 

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