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Des nouvelles du Chili : les plus grandes manifestations de toute l’histoire du pays

Plus d’1,2 millions de personnes (chiffres officiels) ont défilé le 25 octobre 2019 à Santiago contre le libéralisme et l’état d’urgence, et la mobilisation a également été massive dans les autres villes du pays (50000 personnes à Concepcion, etc.). C’est énorme. C’est la plus grande manifestation de toute l’histoire du Chili, et elle n’a pas tenu compte du couvre feu imposé chaque soir par le pouvoir.

https://www.latercera.com/nacional/noti … ia/878555/

Joëlle Le Marec, qui est en mission sur place, me raconte que, tous les soirs, il y a des concerts de casseroles au moment du couvre-feu, dans toutes les maisons et cours du pays. Deux chansons sont diffusées systématiquement, lors du début du couvre feu, dans un immense concert de toutes les familles du pays : “El derecho de vivir en paz” (de Victor Jara, en réponse aux propos du président de la république qui a déclaré que le pays “était en guerre”) et “El Baile de los que Sobran” du groupe Los Prisioneros. La chanson a été chantée à Santiago lors de la grande manif. Même le théâtre de Santiago a diffusé “El derecho de vivir en paz” sur ses hauts parleurs donnant sur la rue lors du couvre feu. Bref, les institutions sont avec le peuple !

A Valparaiso :

Le début du couvre feu : c’est tout un peuple à l’unisson d’une même chanson :

Il y a des réunions et des débats ouverts dans toutes les universités, qui ont quasiment toutes pris fait et cause pour le mouvement.

Je relève dans la presse chilienne ou sur les sites institutionnels, des initiatives de certaines universités chiliennes qui affichent publiquement soit leur soutien au mouvement social, soit leur intention de contribuer au débat public et de le favoriser, tout en pratiquant une auto-critique et une analyse de la situation. Elles dénoncent le couvre-feu et l’état d’exception. Et elles déclarent légitime le mouvement de protestation sociale. Quant à la principale école de formation au journalisme, elle dénonce le traitement médiatique de la crise qui justifie l’usage de la force sans jamais donner la parole à ceux qui subissent la violence de la répression.
Et ce qui est intéressant, c’est que c’est en tant qu’institutions que ces universités ou ces UFR s’expriment.

http://www.uchile.cl/portal/extension-y-cultura/vicerrectoria-de-extension-y-comunicaciones/declaraciones/158751/declaraciones-de-la-comunidad-universitaria
https://www.usach.cl/news/universidad-santiago-se-declara-estado-reflexion-y-debate-crisis-social
https://www.usach.cl/news/comunidad-usach-se-reune-para-reflexionar-y-tomar-acciones-frente-al-sensible-momento-del-pais
http://www.chanarcillo.cl/articulos_ver.php?id=139352

Ce qui se passe au Chili cette semaine paraît passionnant… A comparer avec ce qui ne se passe pas à l’université française, où on continue à s’ennuyer dans un océan de paresse intellectuelle et de routine utilitariste, bureaucratique et clientéliste. Que se vayan todos!

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