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Réflexions

Je ne marcherai pas pour les sciences, le 22 avril

Je ne marcherai pas pour les sciences, le 22 avril. Je ne marcherai pas pour défendre une rationalité qui a échoué à créer un monde habitable. Je ne marcherai pas pour les mandarins des sciences inhumaines et asociales, dont le logo transforme la planète terre en symbole nucléaire. Je ne marcherai pas pour des scientifiques qui n’ont eu de cesse de prôner une vérité une et incontestable depuis des décennies, et qui ne commencent à s’inquiéter que lorsqu’ils sont menacés par le monstre dont ils ont enfanté : Trump et son libéralisme est un crétin doté d’une idéologie néfaste, mais je n’ai entendu que trop peu de chercheurs des sciences de la nature s’élever contre le crétinisme de nos tutelles de la recherche (ici, en France, ou ailleurs dans le monde), ou contre le libéralisme, tant que ça ne les menaçait pas. Je ne marcherai pas pour des sciences qui méprisent, de manière générale, les Lettres et les Sciences humaines et sociales. Je ne marcherai pas pour des sciences surplombantes et sans réflexivité. Je ne serai plus solidaire de disciplines qui n’ont été solidaire que d’elles-mêmes, alors que depuis des décennies, nous avons appelé à d’autres alliances, à d’autres solidarités que celles s’organisant avec le marché, le pouvoir, l’innovation, les technologies. C’est terminé : je ne marcherai plus que pour un projet réellement collectif, subversif, humaniste, écologiste et réflexif. Un projet qui mettrait les savoirs communs au centre de ses préoccupations ; un projet qui demanderait une réorganisation radicale de l’université et de la recherche selon des principes anti-autoritaires, non universalistes et anti-capitalistes ; un projet visant la refonte d’une rationalité modeste, lente, prudente, et ouverte à l’altérité des pays du Sud et des cultures “autres” ; un projet qui ne s’intéresserait plus à la domination de la nature, mais à sa compréhension ; un projet, enfin, qui se préoccuperait de justice cognitive à l’égard des laissés pour compte ou des victimes du “progrès”.

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