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Réflexions

L’université a besoin du soutien des parents

À vous, parents de nos étudiantes et étudiants,

À vous, à nous, mères et pères collectivement de tous nos enfants et de tous nos jeunes,

À vous, à nous, adultes qui contribuons à faire grandir et à former les jeunes,

Partout en France, dans les universités et les laboratoires de recherche, enseignants-chercheurs, doctorants, jeunes chercheurs, étudiantes et étudiants se mobilisent contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). D’autres mobilisations ont lieu en même temps dans les secteurs éducatif et culturel et dans les hôpitaux. Et des millions de voix s’élèvent depuis plusieurs mois contre la réforme des retraites.

Les institutions du service public en charge de la transmission, du soin et du souci des autres, celles qui sont au service des plus jeunes, des plus âgés, ou des plus vulnérables, sont en colère : elles connaissent depuis plusieurs années une dégradation du service qu’elles sont censées rendre, à cause d’un sous-financement chronique que les réformes actuelles, conduites au nom de mesures d’économies, de la compétitivité, et de l’optimisation vont accentuer.

Pourquoi ce mouvement contre la « LPPR » ? Et pourquoi est-il essentiel de partager avec vous les raisons de cette mobilisation ?

Parce que nos missions de partage et de transmission des savoirs aux plus jeunes sont mises en cause par un sous-financement chronique et organisé de l’université publique.

L’université que nous voulons s’oppose :

  • Aux logiques productivistes et de compétition à tout va : ces logiques s’opposent aux pratiques scientifiques de coopération, et elles sont nocives pour la planète
  • À la logique managériale et au « pilotage » d’en haut : parce que la science fonctionne mieux par la coopération et l’indépendance que par un pilotage politique et économique centralisé
  • À l’oubli de celles et ceux qui font l’université : l’université, ce n’est pas seulement les « savants », mais aussi de nombreux personnels administratifs et techniques, trop souvent précarisés

Nous défendons :

  • Une université qui accueille et doit continuer d’accueillir un public nombreux, aux caractéristiques socio-culturelles diverses
  • Une université pensée à l’échelle des générations et non par rapport à des impératifs du seul marché
  • Une université qui soit un lieu d’émancipation
  • Une université conçue comme un temps de découverte, d’ouverture sur le savoir et, plus largement, sur le monde, qui devrait bénéficier à toutes et tous.
  • Une université ancrée dans les territoires qui dépend de dizaines, de centaines, des milliers de personnes qui y interviennent : enseignants vacataires, ingénieurs, techniciens, et personnels administratifs, dont certains sont mal payés, et parfois même ne sont pas payés.
  • Une université qui a les moyens de répondre aux priorités écologiques, pour créer et expérimenter pour restaurer une planète abimée qui doit rester habitable et riche d’avenirs pour notre jeunesse.

Chers membres de la communauté des parents, chers adultes, nous sommes collectivement responsables des enfants et des jeunes. Ne laissons pas la politique actuelle devenir une machine à désespérer et à dépouiller les générations futures de l’intérêt général du service public.

Manifestez avec nous, rejoignez les mouvements de parents en soutien aux enseignants et à leurs enfants mobilisés. Écrivez à vos élus, prenez la parole et la plume pour défendre une université et une recherche au service de l’intérêt général, pour défendre plus largement tout ce que nous devons transmettre à nos jeunes : sans vous, sans le soutien du public, cet héritage disparaîtra.

Ceci n’est pas une pétition, mais un appel à agir. L’université a besoin d’un soutien actif, maintenant.

Appel de l’université aux parents (version pdf)

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