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Soirée techno sanglante à Redon : défête de la musique sous le régime violent de la République française

Jusqu’à présent, c’était les régimes islamistes qui interdisaient la fête et la musique, et qui pratiquaient des mutilations punitives en guise de “justice”. Maintenant, c’est le régime républicain, sous la dictature de La République en Marche, qui tue et mutile sa jeunesse quand elle fait la fête. En effet, le 20 juin 2021 à Redon, lors d’un week-end de fête de la musique, des centaines de CRS ont brutalisé à coups de grenades lacrymogènes et de grenades militaires explosives (GM2L) des jeunes venus écouter de la musique et commémorer la mort de Steve Maia Maiço, un jeune teufeur tué par la police il y a un an. Il y a eu de nombreux blessés à Redon, dont certains graves (au moins une main arrachée) laissés sans soin, et le matériel musical a été violemment détruit par la police (ce qui est illégal, s’agissant de propriété privée).

C’est le genre de soirée que j’affectionne, et j’ai fréquemment participé à ce genre d’événement artistique, en tant que musicien ou comme simple spectateur. Je me sens donc particulièrement concerné, et scandalisé. J’exprime ici ma solidarité totale et entière avec les personnes et les sound systems victimes de ces exactions policières indignes d’une démocratie. J’en profite pour dire que ces rassemblements festifs sont loin de ne concerner que des “jeunes”, puisque des vieux crabes dans mon genre s’y impliquent fréquemment. Et j’en profite également pour signaler que la sociologie de ces événements est très diversifiée : des universitaires, des cadres et des artistes y côtoient des ouvrier.es, des employé.es ou des chômeur.es. Cela signifie que les solidarités qui s’exercent à l’égard des sound systems sont également diversifiées. C’est toute la France qui est violentée quand un sound system est détruit ou quand un teufeur perd sa main. Et c’est toute la France, celle qui vit, agit et crée, et pas seulement celle – inutile et laide – des politiciens réactionnaires ou des éditocrates paresseux et condescendants, qui peut témoigner en faveur de ces pratiques festives.

Dans quel monde vivons nous, si en pleine fête de la musique, alors que l’on sort d’une période terrible de confinement, un gouvernement ne cesse de violenter sa jeunesse et les artistes sans aucune raison autre que le plaisir sadique de la violence à l’égard de tout ce qui ne rentre pas dans sa grille de lecture réactionnaire du monde ? Nous ne sommes pas en Iran sous le régime des mollahs, non, nous sommes dans la France de 2021 sous le régime de la République En Marche, et une violence policière structurelle, disproportionnée et illégale, s’abat sans cesse sur la jeunesse, sur les artistes, sur les personnes racisées, sur les pauvres et les précaires.

J’invite chaque artiste musicien.ne à boycotter la (dé)fête de la musique, et à prendre position fermement contre ces exactions inacceptables.

Voici le communiqué de presse du Collectif des sons, que corrobore toutes les images et commentaires des témoins et journalistes indépendants présents au moment des violences policières :

La main d’un jeune de 22 ans arrachée, 7h de violence sans interruption, des milliers de palets de lacrymogène, des centaines de grenades assourdissantes et autres balles de défense lancés sur des jeunes en short et tee shirt venus pour s’amuser. Voilà le résultat de l’intervention des forces de l’ordre pour tenter d’empêcher la fête en hommage à Steve. Deux ans après son décès, rien n’a changé.

Après ce déchaînement de violence, la folie vengeresse des militaires aurait pu s’arrêter, mais non. Après avoir laissé quelques heures de répit aux fêtard.es, une intervention d’une violence rare survient. Cette fois ce sont les instruments de musique des sound systems qui vont être pris à partie.
A coups de haches, masses, marteaux et matraques, les gendarmes détruisent tout sur leur passage.
Des milliers d’euros de matériel sont détruits en toute illégalité. Le préjudice moral et financier des teffeur.euses est immense. Les cris des désespoir qu’on peut entendre dans les vidéos de ces moments sont des tragiques preuves de la violence des faits. Ces jeunes qui auront passé des années à économiser pour pouvoir obtenir le moyen d’exprimer leurs talents artistiques vont voir leurs efforts réduits en poussières en quelques dizaines de minutes.
POUR SOUTENIR LES SOUND SYSTEMS DANS CETTE TRAGIQUE ÉPREUVE, POUR QUE L’IMPUNITÉ POLICIÈRE CESSE, POUR POUVOIR PORTER PLAINTE CONTRE LE GOUVERNEMENT FACE A CES EXACTIONS, FAITES UN DON !
LIEN DE LA CAGNOTTE A PARTAGER EN MASSE :

Outre ces dérives violentes et illégales de la police, ce qui interroge c’est le caractère désormais systématique, donc structurel, de la répression à l’égard de toute tentative de simplement faire la fête : sur les réseaux sociaux, on ne cesse depuis quelques semaines de voir circuler des images violentes d’attaques de jeunes par une police en roue libre, armée parfois de canons à son et de chiens, sous prétexte d’interdire des rassemblements festifs où des gens dansent de manière pacifique. Mais dans quel pays vivons-nous ? Non pas dans l’Iran des fondamentalistes musulmans, ni dans une obscure dictature en Indonésie, mais bien en France…

Une sorte de guerre civile semble opposer le pouvoir à sa population. Depuis la crise des Gilets Jaunes, et avec la complicité des médias mainstream et dans le silence de bien des intellectuels, d’artistes et d’universitaires complaisants avec le pouvoir, cette systématisation d’une violence répressive totalement disproportionnée et souvent illégale, ne nous permet plus de parler de la France comme d’une démocratie. Manifester – droit constitutionnel s’il en est – est devenu dangereux. Maintenant, c’est faire la fête et écouter de la musique qui est devenu dangereux. La violence qui touchait autrefois surtout la jeunesse racisée des banlieues, sur fond du racisme structurel de notre police (ce fait est amplement documenté par des travaux d’historiens et de sociologues), touche maintenant la totalité de la population. C’est le signe d’une dangereuse désinhibition de la classe politique, de la police et des fonctionnaires de préfecture qui sont supposés être les garants du droit. Ce glissement vers un Etat autoritaire et violent ne respectant plus le cadre du droit ne sera pas résolu par le vote : que l’on change tel politicien de droite par tel politicien de gauche, ce qui a mis des années à gangrener notre démocratie ne disparaîtra pas par enchantement. Si nous devons toutes et tous lutter contre les violences policières et contre l’autoritarisme, nous devrons malheureusement apprendre à vivre avec ces violences et avec cet Etat autoritaire et illégal encore longtemps. Car on ne transforme pas une société, ni ses régimes normatifs, simplement en remplaçant Tartempion par Piontartan à l’occasion d’un vote. L’abstentionnisme massif – et compréhensible – lors de ces dernières élections désigne bien le problème. Car tout l’espace du dialogue démocratique – dont les manifestations sont un élément essentiel – a été détruit par la violence policière, depuis les violences subies par les Gilets Jaunes, et avant par le mouvement Nuit Debout. Avec plus de 66% abstention au premier tour d’une élection, on voit bien que c’est l’ensemble de la classe politique, voire même l’ensemble du système politique de la VIème république, qui a perdu sa légitimité. Cela n’annonce rien de bon, même si en tant que libertaire je ne peux que me réjouir d’un tel refus de la mascarade électorale.

 

Edit : Même la presse mainstream s’inquiète des violences policières et de ses actions illégales. Ainsi, le journal 20 minutes, pourtant peu connu pour défendre les rave parties, mais qui titre “« Du jamais-vu »… Pourquoi les gendarmes ont-ils détruit le matériel des teufeurs à coups de hache ?” : https://www.20minutes.fr/societe/3067271-20210621-rave-party-redon-jamais-vu-pourquoi-gendarmes-detruit-materiel-teufeurs-coups-hache

Ou encore, France 3 Région :

La Ligue des Droits de l’Homme demande une enquête transparente : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/dispersion-du-teknival-de-redon-la-ligue-des-droits-de-l-homme-reclame-une-enquete-transparente-2150680.html

Quant au sénateur Thomas Dossus (Europe Ecologie Les Verts), il a interpelé la ministre de la culture le 23 juin 2021 lors d’une séance de questions au gouvernement : https://www.facebook.com/103826223005171/videos/499669154622105

Enfin, plusieurs textes intéressants ont été publiés sur Médiapart :

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