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Réflexions

Appel pour la libération de Beyza Üstün, de Cihan Erdal, et de Can Memiş

Cela fait plusieurs années que je mène des actions en solidarité avec les universitaires turcs qui sont menacés et emprisonnés dans leur pays pour avoir simplement revendiqué la paix et la démocratie. Car en Turquie, un simple clic sur une pétition en ligne pour la paix peut vous faire accuser de terrorisme et vous conduire en prison.

Si j’enregistre cette vidéo aujourd’hui, c’est que des collègues turcs, des universitaires et des chercheurs, ont été à nouveau emprisonnés récemment de manière tout à fait arbitraire et indigne d’un état de droit.

Le 25 septembre 2020, la cour de justice d’Ankara a ordonné la détention préventive d’une dizaine de personnalités politiques et d’élus du HDP (le parti démocratique du peuple), ainsi que de 3 scientifiques. C’est de ces 3 scientifiques que je vais vous parler, car nous sommes inquiets pour leur sort et nous demandons leur libération immédiate, tout comme nous demandons la libération de l’ensemble des prisonniers politiques en Turquie.

Il y a tout d’abord, la Professeure Beyza Üstün : elle a travaillé dans le domaine de la conservation de la nature et des ressources naturelles, mais aussi sur les droits humains, les droits des femmes, le droit du travail, les inégalités entre les sexes et les inégalités ethniques. Et elle a été députée du Parti démocratique du peuple (HDP) au Parlement turc en 2015.

Il y a ensuite Cihan Erdal, doctorant en anthropologie à l’Université de Carleton au Canada. Il a été arrêté alors qu’il effectuait son travail de terrain à Istanbul pour son doctorat sur les mouvements sociaux conduits par des jeunes en Europe, et en Turquie. Il a été membre du HDP en 2014 en tant que représentant de la jeunesse, et il est un militant pour les droits des LGBT. Il n’a pas eu d’activité politique en Turquie depuis qu’il a déménagé en 2017 au Canada pour ses études de doctorat. Il est soutenu par la Société canadienne d’anthropologie qui se déclare hautement préoccupée par sa détention.

Il y a enfin Can Memiş qui est un jeune étudiant en droit, qui milite également pour la paix, la non-violence, l’écologie et l’émancipation de la jeunesse. Il a également fait partie du conseil des jeunes du HDP. Il est accusé d’avoir participé à une manifestation en 2014, ce qu’il conteste. Lui aussi est en prison.

Pourquoi est-ce que nous, universitaires et chercheurs en France, devons être concernés par ces collègues et ces étudiants turcs ?

Tout simplement parce que le fait de militer pour la paix, l’écologie ou les droits humains fait partie des activités normales et légitimes de tout intellectuel, de tout scientifique, et parce que tout ce qui s’oppose à la libre expression et à la circulation des scientifiques ne relève plus des affaires intérieures de la Turquie, mais nous concerne tous et toutes. Plus généralement, nous sommes concernés parce que sans démocratie, sans liberté d’expression et de circulation, sans justice même, il ne peut pas exister de science ni d’enseignement dignes de ce nom.

Enfin, nous sommes concernés parce que la Turquie est un grand pays avec lequel la France entretient des relations économiques et diplomatiques depuis longtemps, mais aussi des collaborations scientifiques. La France est notamment présente à l’université de Galatasaray, à Istanbul. Cette université été établie par un accord signé par François Mitterrand et le président turcs de l’époque, en 1992. Elle fait l’objet de financements français et d’accords ERASMUS. C’est une raison de plus de nous immiscer dans ce qui ne relève pas des affaires intérieures turques, mais qui nous concerne toutes et tous ici, en France.

C’est pourquoi nous exigeons la libération immédiate et sans condition de Beyza Üstün, de Cihan Erdal, et de Can Memiş.

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