Halte à la brutalisation de la jeunesse !
1 octobre 2026Ce qu’on vit en France depuis quelques décennies, et particulièrement depuis que l’extrême centre macronniste a décidé de faire de la répression l’axe central de sa collaboration avec les fascistes du RN, est intolérable. Pas une année, pas un mois, presque pas un jour sans que des violences policières, médiatiques, économiques et institutionnelles ne s’abattent sur des précaires, des étrangers, des racisé·es, des jeunes, des femmes, etc. C’est comme si l’ensemble de notre pays ne vivait que pour haïr : haïr toute perspective d’émancipation, ou même d’expression libre, haïr toute forme de différence, même minime, avec l’ordre établi par cet extrême centre et ces médias au service de l’idéologie d’extrême droite.
Médiatiquement, nous voilà revenus à l’ère de l’ORTF et de sa censure. Pour la culture, même chose : la censure s’abat sur des musées, des spectacles, sur le monde associatif, etc. En termes de droits humains et de libertés publiques, nous avons régressé à un stade antérieur à mai 68, et plus on avance, plus on semble reculer dans le temps, vers les fameuses « heures sombres » dont on nous avait rabattu les oreilles. Comme l’explique l’historien Johann Chapoutot dans son livre « Les irresponsables« , les années 2020 françaises ont de plus en plus de ressemblances avec l’année 1932 en Allemagne… Et cette semaine, nouvel épisode de violences policières, politiques et médiatiques contre l’ensemble de la jeunesse du pays, ces lycéens et lycéennes qui ne demandent pourtant qu’un peu de considération, la possibilité d’étudier dans des conditions correctes, et qui veulent un avenir décent.
« Un avenir ? Mais vous n’y pensez pas ! » semble se récrier la bourgeoisie cacochyme qui fait la pluie et le mauvais temps dans le pays : cette classe moyenne vieillissante qui a bénéficié des trente glorieuses, de prestations de santé correctes, d’une économie sans précarité, et dont la seule obsession maintenant est de consommer le plus stupidement possible (images débiles faites par IA, vacances au Maroc, construction de piscines, résidences secondaires, etc.) sans rien transmettre à ses petits ou arrière petits enfants, mais aussi tous ces ruraux fachos qui n’ont que la peur de l’Autre pour boussole politique – surtout si l’Autre en question est de couleur… -, tous ces égoïsmes, cette gangue de bêtise crasse et souvent inculte que vomissent nos médias mainstream bolloréens… Je vis à la campagne, et je mesure donc parfaitement l’état d’esprit de cette ruralité vieillissante, inculte et raciste qui, pourtant, n’aurait plus aucun médecin ni commerce de proximité, si jamais ses obsessions identitaires et de « remigration » venaient à se concrétiser, puisque la vie économique dans les campagnes en déclin est assurée majoritairement par des personnes issues de l’immigration.
D’après l’INSEE « Au 1er janvier 2026, la population en France est estimée à 69,1 millions d’habitants, soit 0,25 % de plus qu’un an auparavant. 22 % de la population a au moins 65 ans, soit presque la même proportion que celle des moins de 20 ans. » (https://www.insee.fr/fr/statistiques/8719824?sommaire=8721209). La démographie française est très vieillissante. Il est très probable que la haine de la jeunesse, qui percole dans toute notre société (les « no kids » zones dans les trains, l’intolérance aux désirs des jeunes, la violence policière à leur égard, la violence institutionnelle qui les frappe, le manque de considération, le fait qu’on se foute de leur avenir, que l’idée même d’avenir ne fasse plus sens dans le contexte anthropocène, etc.) s’inscrive dans cette démographie vieillissante sur laquelle il est difficile d’agir politiquement. Cette violence institutionnelle s’accommode assez bien de préoccupations de façade concernant les violences faites aux enfants : tant qu’on évacue le caractère systémique de la violence faite aux jeunes – le déni climatique en étant l’expression la plus actuelle – on peut se permettre de faire voter des lois en apparence soucieuses de cette jeunesse, mais dont la focalisation sur les « VSS » (violences sexistes et sexuelles) occulte d’autres violences : économique, médiatique, institutionnelle, culturelle, éducative, politique, etc..
J’ai l’impression que tant que cette démographie ne changera pas, la jeunesse de notre pays n’aura rien d’autre à attendre des institutions que la violence et l’injonction à travailler et à fermer sa gueule pour que ses ainé·es puissent consommer comme des con·nes, et n’en foutre pas une rame en voyageant dans les pays pauvres ou en accumulant des résidences secondaires en attendant la mort, si possible assistée et « digne » : là encore, l’obsession pour la « fin de vie » et l’ampleur des moyens juridiques, économiques et politiques mis en œuvre récemment pour structurer l’euthanasie – vaste marché privé en perspective… – en disent long sur le peu de considération que notre société accorde à sa jeunesse, surtout si on compare cela avec l’état de délabrement des institutions éducatives, et avec les politiques publiques désastreuses qui fabriquent très activement le déclassement de cette jeunesse.
Je ne suis pas certain qu’il existe une solution pacifique à ce problème, une solution qui éviterait que la jeunesse – ainsi que les personnes racisées – soient esclavagisées sans espoir d’émancipation par leurs ainés si égoïstes, si stupides et si couards. Je crois de moins en moins à un futur apaisé et démocratique pour le pays.
Soutien, donc, à la jeunesse en lutte contre cette connerie sordide et triste qui nous enterre. J’en ai marre moi aussi de ce pays de merde qu’est devenu la (f)Rance : ça pue la mort ici !
je profite de ce post énervé – j’assume ! – pour relayer l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme, qui soutient les lycéens et lycéennes en lutte : https://www.ldh-france.org/halte-a-la-brutalisation-de-la-jeunesse/
