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Programmes de recherche

Programme Pilote Régional de l’IRD « Patrimoines, Ressources et Gouvernance » (PPR PAREGO)

Je suis membre du comité des coordinateurs (coordination board) du Programme Pilote Régional de l’IRD « Patrimoines, Ressources et Gouvernance » (PPR PAREGO). Ce comité est composé de sept membres, représentatifs de la diversité géographique, linguistique et disciplinaire du PPR : D. Guillaud (Coordinatrice, SHS, Paloc), Cynthia Kros (SHS, Afrique du Sud), Dorothy Wanja Nyingi (SVT, Kenya), Rafolo Andrianaivoarivony (SHS, Madagascar), Charles Saanane (SHS/SVT, Tanzanie), Igor Babou (SHS, La Réunion), David Williamson (SVT, Locean). Je suis également membre du Comité scientifique du PPR.

https://www.ird.fr/la-recherche/programmes-pilotes-regionaux-ppr/ppr-parego-patrimoines-ressources-et-gouvernance-en-afrique-orientale-australe-et-dans-l-ocean-indien

Présentation :

L’aire couverte par l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et l’Océan Indien abrite d’importantes ressources naturelles et culturelles. Quand elles font l’objet d’une appropriation par les populations et/ou d’une reconnaissance institutionnelle, ces ressources peuvent constituer un « patrimoine ». Cette notion de patrimoine est complexe, et s’applique à des objets très différents, naturels et culturels, matériels et immatériels.

La mondialisation se caractérise par des bouleversements territoriaux et culturels, et par une fragilisation extrême des économies qui influencent le patrimoine.

Ainsi, l’acquisition de terres par des groupes ou des pays étrangers crée des conflits avec les acteurs locaux aux pratiques et aux intérêts différents.

La thématique du patrimoine est donc un objet intéressant pour comprendre, mesurer, accompagner et anticiper les mutations à l’œuvre dans l’aire de l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et l’Océan Indien.

L’objectif du programme PAREGO est d’analyser les enjeux liés aux patrimoines et à leur valorisation dans ces territoires.

Afin de répondre à cette analyse, de très nombreuses disciplines sont mobilisées telles que l’anthropologie, l’ethnologie, l’archéologie, la biologie végétale, la démographie, l’économie, la génétique, la géographie, la muséologie, la sociologie, …

53 équipes du Nord comme du Sud, soit 288 chercheurs sont mobilisés sur ce programme.

Priorités thématiques

  • Développement et gouvernances
  • Vulnérabilités, inégalités et croissance
  • Frontières et dynamiques sociales et spatiales
  • Variabilité et changement climatiques
  • Ressources en eau
  • Écosystèmes et biodiversité
  • Matières premières minérales et énergétiques

Objectifs spécifiques

L’objectif du programme est l’analyse et le suivi des processus de patrimonialisation, depuis l’identification des ressources, des acteurs, des savoirs et des territoires concernés, jusqu’à l’analyse des dynamiques en jeu et à la valorisation de ces patrimoines.

Résultats attendus

  • une réflexion fondamentale sur les processus de patrimonialisation, en appui aux politiques publiques ;
  • des opérations de formation dans le domaine des patrimoines ;
  • une contribution aux procédures de classement et de labellisation des ressources, des espaces et des patrimoines, y compris génétiques ;
  • une contribution à la traçabilité et à la certification de l’origine de certains produits ;
  • une capacité de réponse à des expertises dans le domaine de l’écologie ;
  • une contribution aux opérations de valorisation patrimoniale, notamment à travers la muséologie et muséographie ;
  • une réflexion sur la vulnérabilité du patrimoine et une mise au point de systèmes d’alerte sur le patrimoine

Axes de recherche

Axe 1 – Des ressources et peuplements au patrimoine

Pour assurer la stabilité des sociétés et des économies, les populations sont fortement dépendantes des ressources naturelles. Ces ressources varient fortement en fonction de leur exploitation ce qui peut être source de tension au sein des populations locales.

La relation entre ces variations de ressources et les populations est essentielle pour comprendre le contexte de l’émergence des questions liées aux patrimoines (ou « patrimonialisation »).

Cet axe de recherche nécessite à la fois une connaissance des populations (leur histoire, les différentes migrations, …) et une connaissance des ressources naturelles (les espèces endémiques, les exploitations, les espèces introduites mais aussi les sols et les ressources en eau).
D’une manière générale, les enjeux de cet axe débouchent sur une question primordiale : quelles sont les conditions préalables à la patrimonialisation ?

Axe 2- Représentations, acteurs, conflits, gouvernance des patrimoinesCet axe consiste à étudier les processus de patrimonialisation. Cela nécessite d’identifier les critères qui font qu’un objet sera considéré comme faisant partie du « patrimoine ». Cette identification est d’autant plus difficile que les notions de patrimoine et les objets considérés comme en faisant partie sont très diversifiés.

Cet axe s’intéresse également aux conséquences du processus de patrimonialisation, ce qui passe par l’analyse des conflits de patrimoines, de leur valeur politique, des institutions et des mémoires liées aux patrimoines. Enfin, l’analyse du processus de patrimonialisation nécessite de prendre en compte l’influence du travail des chercheurs sur celui-ci. Ce champ appelle une réflexion sur la méthodologie employée ainsi que sur les implications possibles des recherches pour les communautés locales.

Cet axe, de par son objet, doit mobiliser de nombreux champs et compétences disciplinaires puisqu’il interroge aussi bien l’histoire que le territoire, l’organisation des sociétés, les pratiques ou encore les lois.

Axe 3 – Gestion, conservation valorisation des patrimoines

Cet axe de recherche est le volet le plus appliqué du projet. Il porte principalement sur l’étude de la gestion et de la conservation des ressources patrimoniales (implication des populations locales, classement des espaces et des paysages, etc) et leur valorisation (économique, touristique, sociale, …). En effet, la question de la valorisation des ressources patrimoniales est fondamentale car elle ouvre des perspectives économiques importantes pour le développement de ces régions. Cette valorisation peut aussi bien s’appliquer aux ressources naturelles (le classement de certains paysages par exemple) qu’au patrimoine culturel (notamment par la labellisation). Enfin, l’étude doit prendre en compte l’efficacité de la gestion patrimoniale en s’appuyant, bien sur, sur l’observation scientifique mais également sur la participation des populations locales.

Les différents aspects de cet axe de recherche posent la question de l’articulation entre législations internationales, applications nationales et pratiques locales.

Thématiques prioritaires identifiés à la réunion en 2013 pour les futures actions :

Trois grandes thématiques ont été redéfinies, ainsi que les thèmes manquants ou à développer dans chacune d’elles :

  1. Aires protégées et politiques de gestion du patrimoine (Protected areas and heritage management policies) : endémicité et extinction des ressources spontanées
  2. Conservation et développement du patrimoine culturel (Conservation and developement of cultural heritage: Patrimoines linguistiques, patrimoine immatériel
  3. Ressources patrimoniales et sociétés locales (Heritage resources and local society) : Espèces invasives dans dimension écologique et sociale ; Ressources médicinales et santé

Gouvernance du PPR

Une coordination Nord-Sud, le comité de PAREGO s’est prononcé pour un schéma adapté à la diversité et aux spécificités de la région, en mettant en place un comité des coordinateurs (coordination board) composé de sept membres, représentatifs de la diversité géographique, linguistique et disciplinaire du PPR.

  • Coordination « Nord » : Dominique Guillaud (UMR PALOC) et David Williamson (UMR LOCEAN)
  • Coordination « Sud » : Cynthia Kros (Wits University, Afrique du Sud), Dorothy Wanja Nyingi (National Museums of Kenya), Rafolo Andrianaivoarivony (Université d’Antananarivo, Madagascar), Charles Saanane (Université de Dar es Salaam, Tanzanie), Igor Babou (Université de La Réunion)

Un comité de pilotage Nord-Sud (steering committee) de 17 membres incluant le comité de coordination et des représentants des principales institutions partenaires.

Le programme en chiffres

  • 10 pays
  • 53 équipes du Nord comme du Sud
  • 288 chercheurs mobilisés

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